En 2017, les aficionados du VG réel avaient suivi avec passion, émotion et admiration la remontada du Boss sur Armel le Cléach. Débutée au Cap Horn, Alex alors avait 800 milles de retard sur Armel. A 200 milles des Sables, il était revenu à 35 milles, infligeant à Armel une torture psychologique qui aurait fait craquer n’importe quel perdreau de l’année et tirant quelques larmes de soulagement à l’arrivée …. L’angoisse qu’un anglais puisse remettre en question la victoire tant désirée du Chacal rajoutait un coté palpitant! L’entente cordiale c’est bien, le crunch c’est mieux quand la France le gagne !
Cette année, 3 remontadas animent cette circumnavigation:
Isabelle Joschke, partie des limbes du classement poursuit son remarquable parcours, maintenant 8e et profitant de la compression pour se rapprocher du groupe de tête. Toujours précise et judicieuse dans ses positionnements et trajectoires, elle se révèle dans l’effort de longue durée !
Armel Tripon, après des déboires de début de parcours a lâché les chevaux et tracé une route très pure, bénéficiant de conditions particulièrement avantageuses lui permettant d’aligner des moyennes élevées très régulières, toujours sur la route… de la queue de course, Il est en passe de rejoindre le couple distendu Romain Attanasio/ Clarisse Cremer respectivement 13 et 12e. Il affiche une zenitude et un plaisir qui fait plaisir à voir et un crane aussi rond que la circumnavigation qu’il effectue !
Jérémie Beyou semble avoir touché le fond abyssal dans lequel il avait plongé et repris du rythme : il a rattrapé et déposé la queue de course avec élégance et maitrise, jouant maintenant avec le 2e groupe en se plaçant 20e malgré un départ 9 jours après les autres ! Avec un peu de chance, il devrait bénéficier de conditions relativement soutenues pendant que devant les bulles anticycloniques dansent comme des bulles de champagne et ralentissent les allures des uns et des autres…
Ces remontadas ont certes un pouvoir de motivation intense pour leurs skippers, mais génèrent sans doute aussi une grande fatigue, car elles imposent de naviguer à des hautes vitesses dans la durée, avec toutes les contraintes que ça impose : chocs, bruits et sifflements, sommeil restreint, vie difficile… Mais le cocktail adrénaline /dopamine permet de surmonter !
Petite pensée festive aux solitaires des mers
Bon Noel à tous
